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Congolaise de la semaine : Yolande Elebe Ma Ndembo

Yolande Elebe Ma Ndembo

 

Fille du journaliste Philippe Elebe ma Ekonzo, grande personnalité des lettres au Zaïre, chantre de l’authenticité, Yolande Elebe ma Ndembo  est journaliste de formation.
 Yolande Elebe ma Ndembo fut membre du cercle de réflexion de la diaspora rd-congolaise basée en Afrique du Sud nommé « Renaissance Congo 2000 ». Elle a aussi contribué à la rédaction de l’ouvrage « Crise et Renaissance politique au Congo » (exploration à la lumière de l’expérience sud-africaine). En tant que journaliste, elle a travaillé à la chaine d’information radio télévisée panafricaine Channel Africa, basée en Afrique du Sud. Elle est engagée pour une Afrique positive qui gagne et qui s’ouvre au monde sans complexe. Elle est fondatrice et coordinatrice de l’Asbl Kinoiseries qui œuvre pour la promotion positive de la culture kinoise et aide les enfants en situation précaire dans la ville province de Kinshasa.
“LE BICTARI est la plume avec laquelle j’écris. Le bic tarit, mon bic n’a pas d’encre”, s’est-elle contentée de dire à TOP CONGO FM en guise de définition du titre de son livre.
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Véritable fresque de la RDC, du Zaïre au Congo, LE BICTARI peint la politique et les honorables, les pillages, la diaspora, le viol, l’amour…
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La sénatrice Nkoy Mafuta et Yolande Elebe. (Ph.Sakola)

Recueil de textes poétiques, le premier livre de Yolande Elebe ma Ndembo a été officiellement présenté au public le 1er avril à Kinshasa.

 Présenté par le professeur Mathias Buabua Wa Kayembele-BICTARI_buabua-kayembe_sek-bidens_eventsrdc.com_ comme “l’œuvre d’une grande dame de la poésie congolaise”, cette œuvre, “après l’âge d’or des années 70-80 et le passage à vide de l’après pillage est comme une vague qui vient inonder la plage”, se réjouit le président des écrivains du Congo.
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“Cette œuvre en cette fin du mois de mars 2015 fait la fierté de la femme”.
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Epouses des ambassadeurs francophones accrédités en RDC et membres de l’association Kin-Acceuil.

QUE CELEBRONS NOUS LE HUIT MARS?

(ARTICLE  DE YOLANDE ELEBE MA NDEMBO -PARU DANS LA REVUE SCIENTIFIQUE -CONGO AFRIQUE-MARS 2012.)

 Parler de la femme en général,  de surcroit de la femme congolaise peut s’avérer être un vaste projet auquel il est difficile d’apporter tout l’éclairage souhaité.

Une question me trottine cependant à la tête : faut-il un 8 mars pour que la femme se remette en question ou pour mettre en exergue ses revendications ?

Que célébrons-nous exactement le 8 Mars en RDC? Notre féminité ? Nos acquis ? Quels sont-ils ? Peut-être commémorons-nous seulement, au travers de cette journée internationale de la femme, les combats et succès d’autres femmes à travers le monde?

J’ai la même interrogation chaque année en regardant le défilé de mode…oops! Mes excuses, un lapsus … révélateur diront certains! Je voulais dire le défilé traditionnel du 8 mars, parade qui n’est, faut le signaler, plus d’actualité dans la plupart des pays.

La question reste tout de même posée : que fêtons-nous, femmes congolaises?

Une évidence à souligner, la femme congolaise se retrouve à la croisée des chemins, coincée entre modernisme, traditionalisme et une « spiritualité » envahissante et restrictive menée par les pharisiens congolais des temps modernes.

Cette trivialité sociétale gèlerait-elle les élans et empêcherait-elle la femme congolaise de s’assumer pleinement dans ses rêves, ambitions et réalisations en tant qu’entité?

Quelle place est la sienne dans société actuelle, dans le développement de cette nation, que nous voulons belle et prospère ? En a-t-elle conscience, en comprend-t-elle les enjeux ?

Force est de constater que cette dernière, semble se laisser porter par les évènements : elle est un acteur majeur qui se comporte en « figurant », effacée, subissant l’histoire… elle est devenue par la force des choses et avec beaucoup de courage et d’abnégation,  la main nourricière dans la plupart des ménages congolais, se lançant dans des activités « lucratives », commerces informels, artisanat et agriculture pour pourvoir subvenir aux besoins de la famille et à l’éducation des enfants.

Pourtant, paradoxalement, ce rôle qu’elle assume avec résilience,  reste considéré comme « invisible »,  un rôle de second plan.

Ses aspirations et besoins restent confus, indéfinis. Ce  manque de formulation des aspirations de la femme congolaise,  nous le trouvons matérialisé de façon criante dans les projets de sociétéde la plupart des partis politiques de notre pays. Parlons-en en cette année postélectorale !  Ayant parcouru ceux des partis majeurs de notre pays, on n’y trouve rien de concret, si ce n’est le verbiage habituel : « parité, émancipation, alphabétisation de la femme». Aucun programme clair et précis pour étayer ces mots devenus, somme toute, banals, « passe-partout » dans le paysage socio-politique congolais.

La grande majorité des femmes congolaises n’ont jamais consulté le code de la famille, elles n’en ont  pour certaines, qu’une vague interprétation d’un extrait lue lors des mariages civils auxquels elles assistent. Elles ne connaissent pas les droits que la législation congolaise leur a octroyés; elles ne peuvent  donc savoir si ces lois leur satisfont, ni si elles voudraient y apporter des changements.  Elles restent des citoyennes de seconde zone… mères, épouses, concubines, femmes actives, vecteur de développement par leur apport non négligeable à l’économie rampante du pays…mais restant néanmoins par cause d’ignorance… citoyenne de seconde zone… la grande majorité connaissant mieux les versets de la Bible, tel que le célébrissime: « femmes, soyez soumises », que le Code de famille régissant leurs vies. Sans compter l’emprise de la coutume ; beaucoup de femmes parmi lesquelles on compte aussi des intellectuelles connaissant la loi, se soumettent à la volonté de la belle-famille et renoncent à leurs droits par peur des représailles “mystiques”.

Alors mesdames, mes sœurs congolaises, que fêtons-nous exactement le 8 mars ?

J’en appelle surtout aux intellectuelles, celles d’entre nous ayant un bagage académique: les politiques, les membres de différentes corporations, avocates, médecins, femmes d’affaires, membres des associations et organisations non gouvernementales.

Cette journée devrait-être pour nous une interpellation, une journée d’éveil, où des séances de sensibilisation et de vulgarisation sur le Code de la Famille devraient-être organisées. Trop de drame liés à l’ignorance de la femme sur ces choses nous entourent et nous touchent. En effet, combien de femmes battues osent en parler ou porter plainte ? Combien de veuves continuent à ce jour à se retrouver à la rue car la loi traditionnelle, la coutume reste à leurs yeux la seule règle à suivre, vaste sujet dont la solution passe par l’éducation à la modernité de la pensée et l’ouverture des esprits…Qui va s’en charger ?

La femme congolaise se doit de mener son combat, sa révolution, elle a endossé le rôle de victime ignorante, passive trop longtemps.

Le mois de mars, le 8 mars doivent prendre une connotation différente pour la RDC.

Tenant compte en plus des maux ci-haut cités, de nos milliers de femmes violées, nos sœurs…Nous avons un devoir, une obligation.

A nous mesdames,  de nous approprier cet évènement, non comme une journée internationale célébrant notre féminité, une énième occasion de se vêtir d’un pagne identique et de se retrouver entre copines pour un moment de détente ; mais comme un jour où nous prenons conscience de notre position dans la société congolaise.

Epiçons cette journée d’un militantisme féminin congolais.

Donnons à nos jeunes filles une image différente de ce que nous sommes, prenons le temps de transcrire, exprimer nos aspirations, conscientisons-les face au rôle qui sera le leur dans quelques années. Nous sommes une force, nous sommes en nombre majoritaire donc un électorat qui compte. Nous avons un mot à dire, à nous de le conceptualiser et de l’exprimer.

Je vous souhaite mesdames,  un mois de méditation et de prise de conscience. Et pour finir, je vais vous dédier, mes dames un petit poème de ma composition.

Femme noire, femme magnifique,

Beauté d’ébène, beauté mythique,

Réveille- toi, Reine de Saba,

Réveille- toi, le monde n’attend

que toi,

Éduque-toi, instruis-toi,

Lis, cherche, dévore,

Tout ce qui peut te rendre forte,

Ne le sais- tu donc pas?

Sans toi,

la RDC ne se relèvera pas, Sans toi,

les choses ne marcheront pas,

Ne le sais-tu donc pas?

Belle tu es,

Forte tu te dessines,

Glorieuse, tu deviendras,

Si seulement, tu savais…

Si seulement tu savais…”

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Yolande Elebe Ma Ndembo est aussi fondatrice et coordinatrice de l’Asbl Kinoiseries
L’un des objectifs de KINOISERIES ASBL est celui non seulement de mener des actions sociales sur terrain en RDC mais aussi de promouvoir les actions sociales pour soulager les populations congolaises en situation de précarité.
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photo prise le  dimanche 18/08/2013 lors du Dépôt de fournitures scolaires pour la rentrée scolaire ainsi que les frais de minerval pour les enfants par  l’Asbl Kinoiseries
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Mama Yolande, toujours aussi passionnée lorsqu’il s’agit de défendre la cause des enfants de SECAM.
avec Maitre Charles Kabuya
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Maitre Charles Kabuya en visite à SECAM

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La poésie
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